Floating memories

Papier, baguettes de bois, ballons aluminium, helium,
briques, projecteurs led

Avec le soutien de l’Institut Francais du Vietnam et l’école d’architectrure d’ Hồ Chí Minh City

‘Floating memories’, sous-titré ‘ Mécanique d’un lâcher d’immeubles’ est une installation présentant des maquettes volantes d’immeubles, rappelant les lanternes en papier. Des échantillons de compartiments, ces immeubles de 2 à 3 étages que l’on retrouve communément dans les rues de la ville, sous pression de l’abondant tissu urbain qui se verticalise.

S’il est vrai que l’on pourrait les considérer comme des matrices sentimentales d’un monde probablement caduc par rapport à un modèle économique qui ambitionne une organisation urbaine déchainée, ils n’en demeurent pour autant pas nécessairement qu’une portée nostalgique. Par l’observation de ce qui semble être une époque de transition dans la culture d’ Hô-Chi-Minh-Ville, l’oeuvre se tourne plutôt, comme l’a noté Walter Benjamin dans son ouvrage Le raconteur, vers l’objectif d’ y supposer les mouvements tectoniques qui peut-être se préparent, sourdement, à des échelles de temps imprédictibles, autour d’une ville-monde, de ses traditions et de ses utopies précaires.
Les architectures papillonnantes réalisé avec les étudiants de l’école d’architecture raconteront leurs conditions, en conquérant un morceau d’espace encore disponible, tout en se déracinant pour trouver l’altitude et rivaliser avec la dimension vertigineuse des tours.

Comme des banderoles revendiquant leurs identités citadines, elles se donneront à voir comme pour négocier leurs accès à la ville et leur intégration urbaine.
Les volumes soulevés par les ballons d’hélium emportent avec eux une mécanique poétique : faire voler un ballon dans un espace, c’est revendiquer l’enchantement d’un moment d’oisiveté absolue, la magie d’un instant de contemplation d’un objet flottant dans son environnement dans une forme d’improductivité totale. Une rêverie souvent reléguée aux enfants portant avec elle un relâchement des normes sociales que ces maquettes semblent imiter, dansant comme des fantômes dans les airs.
Pourtant, les ballons d’hélium ont une fragilité qu’il est facile d’oublier dans les premiers temps : ils finissent inexorablement par retomber. Ces architectures flottantes sont donc soumises à un compte à rebours avant épuisement ; la fin de partie.

Catégories :Oeuvres